Il est difficile d'admettre que ces outils, au même titre que les bêches ou serpes, trouvent leur classification parmi les armes blanches. A différentes époques, un certain nombre de soldats charpentiers, pris dans les rangs des grenadiers d'infanterie en ont été dotés pour les besoins du campement ou pour de menus travaux d'abattis occasionnels en campagne. C'est la fin de la guerre de Succession d'Espagne, en 1710, que sont créés six porte-outils par régiment d'infanterie ou de dragons, ces derniers étant encore à cette époque considérés comme de l'infanterie montée. Cette tentative disparaît avec la paix. Le besoin de cet équipement ne se fera sentir à nouveau qu'au cours de la guerre de sept Ans, et l'ordonnance du janvier 1747 rétablit six soldats porte-hache dans chaque compagnie de Grenadiers. Comme cela est bien souvent le cas à l'époque, l'ordonnance ne fait que confirmer un usage qui s'est établi spontanément sous l'emprise de la nécessité. Il semble que l'initiative est à attribuer aux Gardes Françaises et Suisses qui, les premières, équipèrent de haches certains soldats qualifiés. Le nom de soldats charpentiers fut le premier vocable qui leur fut attribué. Selon l'ordonnance de 1766, le soldat charpentier était équipé d'une forte hache, d'un sabre à scie, d'un tablier de peau noir, d'un bonnet de peau d'ours sans plaque et de trois pouce moins haut que celui des Grenadiers. En temps de paix, l'utilité des sapeurs disparaît, leur nombre au sein des compagnies diminue fortement. En 1780, la campagne d'Amérique étant en vue, les sapeurs sont rétablis en temps de paix comme en temps de guerre. Ils disparaîtront à nouveau avec l'armée de la Révolution pour être à nouveau rétablis en 1800 pour la garde des Consuls. Enfin, en 1808 un décret confirme pour tous les régiments d'infanterie l'existence des sapeurs. L'outil approchant le plus celui porté par les sapeurs du Contingent des Grenadiers fribourgeois date de 1786 et sera utilisé jusqu'à l'Empire L'ordonnance de 1786 précise que le fer est long de 11 pouces (29,8 cm) du talon au tranchant. Le talon épais de 10 lignes (2,2 cm) déborde sur le manche de 11 lignes (2,5 cm). L'œil du fer ou emmanchure mesure 4 pouces et 10 lignes (13,1 cm) de hauteur du côté du talon et seulement de 3 pouces et 4 lignes (9 cm) du côté de la lame. Le manche mesure 3 pieds et 8 pouces (99,1 cm) en comprenant la partie introduite dans le fer. L'extrémité du manche est protégée par une douille en laiton de 3 pouces (8,1 cm). Il ne faut pas accorder trop de rigueur à ces renseignements, ce sont souvent des approximations. Ce qu'il faut retenir, c'est que ces haches dont le fer est étroit, s'évasent très peu. Les bords supérieurs et inférieurs sont pratiquement parallèles. La lame de fer est séparée de l'œil par un renfort saillant et cet œil est lui-même marqué d'une arrête ou d'une partie renflée. L'œil est protégé à sa partie supérieure par une plaque de laiton rivée sur le fer qui cache le haut du manche, il n'est donc jamais saillant. Le manche, taillé dans du frêne ou du hêtre, est robuste et pouvait être recouvert d'un enduit noir vernissé aujourd'hui disparu. Les haches de nos sapeurs au Contingent des Grenadiers fribourgeois répondent en partie aux critères décrits ci-dessus. Il ne faut pas oublier que lors de la remise en état de ce matériel, des modifications ont certainement été apportées, parfois de façon involontaire. Il existe en effet relativement peu de documentation précise abordant la question des haches de sapeurs |